mercredi 23 octobre 2013

2013 au tamis : Famine - Anachronisms


 Date de sortie : 15 mars 2013 | Label : DTrash Records

Le temps, pire ennemi du chroniqueur qui oblige à laisser dans l'ombre des dizaines de grands disques dont l'aura continue pourtant d'irriguer nos synapses à l'approche des bilans. Dans un format plus concis que celui des chroniques habituelles du blog, cette série de rattrapages reviendra ainsi régulièrement sur ces laissés-pour-compte qu'un certain recul nous permet désormais de commenter sereinement.

Touche à tout comme il y en a finalement peu dans l'IDM où beatmaking et instruments conventionnels font rarement bon ménage, Chxst Famine avait sorti en 2010 l'un des albums les plus singuliers de l'entier catalogue Tympanik, ovniesque Nature’s Twin Tendencies nourri à l'EDM gothique des années 80, au breakcore ou à l'ambient new age comme au death metal le plus emphatique et embarrassant de kitsch assumé. Passé sous le radar depuis, on avait pourtant retrouvé tout le talent du Canadien sur un Milk, Or Ten Sephiroth dont le dark ambient suintant entrecroisait drones mystiques et field recordings cryptiques sur fond de ciel étoilé avant de basculer dans un metal indus affreusement emo pour un final déjà complètement... anachronique.

Pourtant, et pour faire cour puisque c'est le but ici, la facette électronique de Famine c'est un peu l'anti Ocœur : aucun débordement de sensibilité, pas de mélodies saillantes ni de production léchée, rien de ce qui fait que tout un pan de l'IDM est en train de sombrer dans l'émotion facile et la superficialité (heureusement les autres pans résistent bien et ils sont nombreux). Entre musique tribale venue d'un futur où les machines rêvent de moutons en polystyrène expansé et se bouffent entre elles dans une orgie arrosée à la soude caustique, techno indus perdue dans l'espace et groove déliquescent plein d'angles alambiqués et de grouillements informes, Anachronisms est ainsi à l'image des autres disques de son auteur, génialement imparfait et passionnant de bout en bout, jusqu'à son final Filmstrip mi-ambient baroque et rampante, mi-IDM cybernétique et décadente.

mardi 22 octobre 2013

Dans les rayonnages de la cave : notre discothèque idéale, 3/5

Lentement, progressivement, nous approchons de la centaine de disques. Cent albums qui nous ont violentés, accompagnés ou émus à jamais, avec en commun une certaine idée de la noirceur. Les règles demeurent les mêmes : vingt nouveaux résumés, par ordre alphabétique, avec un disque par projet. Joyeuse introspection.
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- Ginormous - At Night Under Artificial Light (2008)

Rarement un disque a si bien porté son nom. L’impression d’être paumé dans un dédale urbain et fantasmatique, aveuglé de néon, et tressautant le long des brisures du beat comme sur les wagons défoncés d’un vieux luna park, voilà ce que transmet le deuxième album de Brian Konietzko. Son IDM, criblée de flashs et de crevasses à la frontière du hip-hop, transpire une joie noire, malsaine, délirante et confine proprement au génie. L’ensemble distille la même poésie qu’un petit matin sans sommeil, levé de soleil, six heures du mat’ sur une ville tiède. Un des meilleurs albums de la terre. Point. (M)


- Godflesh - Streetcleaner (1989)

Difficile de n'en garder qu'un quand Songs Of Love And Hate, Pure et même Hymns par exemple trouvaient parfaitement leur place ici. Mais bon, il faut choisir, ce sera donc le premier. Guitare plombée, basse maousse et boîte à rythme martiale se confrontent le temps de morceaux tour à tour véloces et lents, parfois éparpillés, tout le temps perturbants. Monolithique, outré, jusqu'au-boutiste, on tient-là une pierre angulaire qui changera irrémédiablement le visage des musiques amplifiées et extrêmes. Inégalé, si ce n'est de temps en temps par lui-même, Godflesh (et par extension, Justin K. Broadrick) apposait alors sa marque massive sur les décennies à venir. Chef-d’œuvre. (L)


- Greymachine - Disconnected (2009)

Quatuor adepte d'un bruitisme cauchemardesque et dégénéré, Greymachine est surtout une hydre à deux têtes, créature enfantée par l'unique rapprochement entre deux figures essentielles des musiques extrêmes : d'un côté l'omniprésent Justin Broadrick, épaulé par ses fidèles compères Diarmuid Dalton (Godflesh, Council Estate Electronics, Jesu) et Dave Cochrane (God, Ice), de l'autre Aaron Turner (Isis, Old Man Gloom, Mamiffer) qui eut mérité bien plus d'une mention dans ce bilan pour son inestimable apport au versant le plus ambitieux et plombé du metal de ces 20 dernières années à la tête du défunt Hydra Head. Résultat : un magma doom/noise obsédant et sans concession, évoquant la psyché ravagée d'une personnalité psychotique et déconnectée de toute émotion. (R)


- Gridlock - Formless (2003)

Album fondateur d’une IDM à tendance industrielle qu’ont pu illustrer des labels comme Hymen, Tympanik ou Hands Productions, Formless représente aussi le meilleur de Gridlock, soit Mike Cadoo et Mike Wells, avant qu’ils ne se séparent en 2005. 10 ans et pas une ride, ce disque continue de sonner comme un recueil de rythmiques au scalpel, de lourdeur titanesque, de métal affuté et de souffle venu des limbes. (M)


 - The Gun Club - The Las Vegas Story (1984)

Ultime album de la trilogie inaugurale, The Las Vegas Story est encore un chef-d’œuvre et sera le dernier. Plus sombre que Fire Of Love, plus sale que Miami, c'est le manifeste urbain d'un groupe bien plus attiré par les marécages jusqu'ici. Jeffrey Lee Pierce confronte le blues qui le ronge aux murs de béton et aux néons dégueulasses de cette ville en carton-pâte et il en résulte un album urgent, post-punk et désespéré. Pour ma part, et bien qu'il n'y ait absolument aucun titre en dessous des autres, c'est peut-être la reprise de Pharoah Sanders qui me touche le plus : à la limite de la justesse, Pierce pose ses tripes sur la table et expose son âme le temps d'un Master Plan impudique, bancal, gênant et parfait. Œuvre majeure, The Las Vegas Story irradie encore quelques trente années plus tard et garde un pouvoir de fascination intact. (L)


- Tim Hecker - Harmony In Ultraviolet (2006)

Classique parmi les classiques lorsqu'on en vient au drone moderne et ses cartographies de l'âme, Harmony In Ultraviolet est un modèle de narration abstraite, aboutissement dans l'art de Tim Hecker de laisser de l'espace au rêve sous les tsunamis de bruit blanc. Dans l'éther crépitant du Canadien, les mélodies affleurent pour boire la tasse l'instant d'après sous les turbulences texturées et autres infra-basses vibrionnantes, passerelle entre la pureté du divin et les remous de nos existences délabrées. (R)


- Hecq - Night Falls (2008)

Si l'on apprécie comme il se doit l’œuvre de Ben Lukas Boysen pour son approche atypique de l'IDM et plus récemment du dubstep à coups de beats concassés et d'orages stellaires, les récentes BO livrées sous son nom nous ont rappelé à ce que l'Allemand fait finalement de plus magnétique, ces élégies crépusculaires doublées de textures sismiques qui doivent autant au sound design et au drone qu'à la musique de cinéma ou au classique contemporain, atteignant sur ce Night Falls aux chœurs surnaturels des sommets de grâce désespérée. (R)


- Tobias Hellkvist & Dead Letters Spell Out Dead Words - White/Grey/Black (2008)

Deux compositeurs suédois pour un unique morceau de 25 minutes. Tobias Hellkvist et Thomas Ekelund aka Dead Letters Spell Out Dead Words sont réunis par la sous-division numérique du label It’s A Trap, spécialisé dans la musique scandinave. White/Grey/Black correspond à un tiers de drones en montée, un tiers en redescente, et le tiers du milieu en constitue le cœur palpitant. A une escalade irrespirable environnée de sirènes lugubres et majestueuses succède une explosion brumeuse, faite d’éraflures post-rock. White/Grey/Black ou comment se désamarrer du monde en moins d’une demi-heure. A écouter dans le noir. (M)


- Hol Baumann - Human (2008)

Downtempo, psybient, électronica opiacée, le Lyonnais n’a pas volé sa place au sein du label Ultimae. Jouant sur la répétition d’arabesques rythmiques et sur des influences de musiques traditionnelles indiennes, Human concrétise l’hypnose, manipulant les attentes et les contrecoups avec brio. La deuxième moitié du disque en particulier, joue sur l’urgence et l’ardeur et allume l’addiction. (M)




- Hood - Rustic Houses Forlorn Valleys (1998)

Dans la catégorie des albums qui chamboulent sur le (très) long terme, je voudrais du Hood. A partir de là, les avis peuvent diverger, et tendre souvent vers la pépite électronica-post-pop que représente Cold House. A ce dernier nous préfèrerons Rustic Houses Folorn Valleys, sorti trois ans avant et qui signa pour le groupe de Leeds leur ton désenchanté et leur beauté funeste. Post-rock délicat et ravagé, plus maussade qu’une prairie sous l’orage, cet album brut et bref conjugue des émotions cataclysmiques et donne des envies de crier fort, de sauter à pieds joints et de faire la révolution. (M)


- Imaginary Forces - Filth Columnist (2010)

Avant de s'engager dans la ruelle tout aussi glauque d'une techno minimale vrillée d'interférences bruitistes, l'Anglais Anthoney J. Hart filait un bon coup de pompe cloutée dans les cadavres encore chauds de la drum'n'bass, du breakcore et de la rhythmic noise avec ce premier album sorti chez Ohm Resistance. Totalement free et névrosé, profondément malaisant sous ses rythmiques schizophréniques et dévastées qu'il délaisse parfois au profit d'un drone clinique, Filth Columnist est surtout un monument de froideur reptilienne et de tension larvée, labyrinthe viscéral et déliquescent dont personne n'est jamais ressorti sans y laisser quelques lambeaux de chair sclérosée. (R)


- Demian Johnston & Mink Stolen - Trailed & Kept (2011)

Mausolée drone doom aux lamentations funéraires saisissantes émanant des ruines millénaires d'une civilisation vouée à disparaître après l'avènement de la Bête, cette collaboration incarne comme aucun autre disque le souffle mystique, abrasif et noirci au charbon cher à l'écurie Debacle Records. Il faut dire que Demian Johnston est loin d'être le premier venu, stakhanoviste de l'artisanat drone et noise qui fit les belles heures de la scène hardcore de Seattle via divers groupes du cru et révéla plus d'un doomeux avec son label Dead Accents. (R)


- Khanate - Things Viral (2003)

Lent, distordu, franchement dégueulasse et malsain, torturé et cérébral, rien, absolument rien n'est glamour dans ce disque. Au contraire, tout y est froid, âpre, raclé jusqu'à l'os. Et puis tout ce silence. Assourdissant. "Is there hope ?" osent-ils demander quand ces quatre morceaux apportent la plus cinglante des réponses : l'espoir n'est qu'une invention, un truc abstrait qui n'existe que dans les contes. Là, il s'agit de vivre, de trimballer son mal-être partout où nos jambes veulent bien nous porter. Un sacré sens de l'humour, Alan Dubin et ses sbires. Un manifeste, rien de moins. (L)


- The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble - The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble (2006)

Même si leur entière discographie est passionnante, le premier album de la bande de Jason Köhnen, le seul qui soit absolument instrumental, se détache et s’affirme comme leur  chef-d’œuvre. Brouet de violoncelle beau à faire mal, de lancinantes ponctions de noise, et d’accalmies feutrées brutes de tendresse, leur darkjazz travaille la lourdeur et la fragilité jusqu’à un équilibre suprême. Un autre meilleur album du monde. (M)


- Klaus Kinski - Scape Destructive Putrescent (2011)

Malsain, grinçant et jubilatoire, Scape Destructive Putrescent est l’œuvre d’un jeune Russe inconnu et doué comme un diable. L’album traverse une demi-douzaine de genres différents sans jamais perdre de sa glaciale cohérence, réaffirmant la capacité de son auteur à faire émerger une kyrielle d’univers du plus flippant au plus suranné. Pièces insidieusement mélodiques et recouvertes d’une patine baroque, les neufs titres louchent sur du dark ambient, du noise, de l’IDM ou du trip-hop industriel. Un mal nécessaire, pour beaucoup de bien. (M)
 

- Kreng - L'Autopsie Phénoménale De Dieu (2009)

Surtout loué pour l'imaginarium baroque à coller des frissons de son récent Grimoire, le Belge Pepijn Caudron, déjà pensionnaire de Miasmah, faisait pourtant preuve du même degré d'inspiration et d'une ambition narrative encore plus affirmée avec cette Autopsie Phénoménale De Dieu, plongée à la fois insidieuse et théâtralisée dans les méandres d'un dark ambient élevé au darkjazz et à l'expressionnisme, au sound design des films de David Lynch et à la dramaturgie des BO de Bernard Herrmann, au piano de Satie et au classique contemporain lugubre et tourmenté des Ligeti, Penderecki ou Arvo Pärt. Phénoménal, forcément. (R)


- Labradford - Labradford (1996)

Avant de s'élever dans la stratosphère sous l'impulsion d'un post-rock épuré dont les nappes feutrées, guitares en suspension et autres blips impressionnistes n'allaient pas manquer d'inspirer tout un pan de l'ambient moderne (y compris leur propres projets respectifs Aix Em Klemm et Pan•American), Robert Donne et Mark Nelson flirtaient avec un versant nettement plus ténébreux de la musique instrumentale sur ce chef-d’œuvre aux beats cardiaques percé d'orchestrations poignantes, à la croisée d'un dark ambient rampant et d'un blues aride et lancinant dont Barn Owl s'est largement repu depuis. A redécouvrir d'urgence. (R)


- Massacre - Killing Time (1981)

Massacre, soit la réunion de Fred Frith, Bill Laswell et Fred Maher (16 ans seulement à l'époque), portait bien son nom. Il faut dire qu'en confrontant la guitare sauvage et inventive de l'un avec les ondes caoutchouteuses et non moins inventives de l'autre sous l'égide d'une batterie féline et incisive, on ne pouvait aboutir qu'à ça. Non pas que la musique de Massacre soit massive et ultra-violente, loin de là. Elle est simplement extrême dans sa façon de prendre systématiquement le contre-pied de ce à quoi on s'attend et à la seconde où l'on pense avoir compris où le trio veut en venir, il est déjà ailleurs : équations rythmiques féroces et insensées, lignes de basse ahurissantes, guitare épileptique et folle à lier. Massacre explose le jazz, atomise le rock et recolle les fragments épars en suivant un dessein qu'il est bien le seul à connaître. Et tout cela sans la moindre once de brutalité. Un monument. (L)


- Methuselah - A Great Leap In The Dark (2010)

Si l'on doit à Methuselah la bien-nommée apothéose de notre compilation Transmissions from the Heart of Darkness, avant-goût de leur prochain album Atman, le duo de Colombus, Ohio n'a pas attendu ces 18 minutes de progression climatique pour briller dans l'abysse d'un drone opaque et imposant, en atteste ce premier album collaboratif qui voit Adam Wetterhan (aka Sun Thief) et Luke Ethan Knight (We Were Ravens, Apollo) transcender dans tous les sens du terme ces chapes de plomb ésotériques puisant la source de leurs crescendos bourdonnants dans la musique industrielle. A télécharger librement. (R)


- The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud - Rest On Your Arms Reversed (1999)

Ce groupe était un mystère et le reste encore aujourd'hui : duo autrichien réunissant les mots et le goût pour le médiéval d'Alzbeth et les sonorités martiales d'Albin Julius, la musique de The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud était froide et austère. Quelque chose comme un Dead Can Dance industriel, nihiliste, monomaniaque et encore plus sombre car chez eux, c'est sûr, la mort ne pouvait pas danser. Personnellement, je n'ai découvert le groupe qu'à sa dissolution et avec cet album. Un album posthume réunissant quelques raretés mais qui permet toutefois de bien cerner sa musique : entre ambient martiale et folk rituelle où le noir et l'odeur de souffre prédominent. Surtout un don pour sonner organique alors que tout y était synthétique. Combinaison imparable qui fait naître quelques frissons malaisés sur l'épiderme dès qu'elle croise l'empan auditif. Depuis, Albin Julius a sorti de temps en temps quelques disques sous le patronyme de Der Blutharsch, et Alzbeth, irrémédiablement à la ramasse, semble passer le plus clair de son temps à militer contre les immigrés. Triste fin (pour elle) venant hélas ternir l'éclat de leurs perles extrêmement noires d’antan sur lesquelles pourtant, le temps ne semble avoir aucune prise. (L)
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En espérant vous avoir rappelé certains trésors oubliés ou vous en avoir révélé d’autres, nous vous promettons la pénultième liste pour bientôt.

Manolito, leoluce & Rabbit
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Précédemment dans les rayonnages de la cave - notre discothèque idéale : Part 1/5 | Part 2/5

lundi 21 octobre 2013

Denovali : 2013 signes, pas un de plus, espace compris.

2013 signes par chronique. Espace compris comme celui que renferment les quatre disques suivants. Un espace qui se déploie dès que résonnent leurs premières notes, un espace qui remplit encore la pièce alors même qu'elles se sont tues. Quatre disques contribuant à rendre cette année 2013 tangentiellement exceptionnelle en termes d'ambient bien noire, de drone costaud, de méandres sombres, de clair-obscur et de jazz mutant. Quatre disques enfin sortis sur le même label, un label déjà bien représenté en chroniques dans ces pages (ici, , et encore ). Une idée fixe ? Peut-être bien. Pourtant, force est de constater que Denovali nous aura, cette année encore, donné largement l'envie de multiplier les signes comme d'autres, paraît-il, multiplièrent les pains.Tout cela méritait bien une contrainte d'écriture.

Dale Cooper Quartet & The Dictaphones - Quatorze Pièces De Menace


Extrêmement dense sans être lourd, Quatorze Pièces De Menace est un enchantement. Il ne saurait se résumer au noir et blanc ornant sa pochette et offre une musique bien plus nuancée que cette opposition supposée. Car après tout, sans l’un, impossible de distinguer l’autre. Alors oui, noir, indéniablement le disque l’est. L’ambiance générale n’est pas des plus accueillantes et pousse à l’introspection plutôt qu’au rapprochement des corps. En revanche, le blanc et la clarté sont aussi largement convoqués : au détour de cuivres tour à tour apaisés et langoureux, d’une nappe bien moins inquiète qu’il n’y paraît ou de l’apparition par intermittence de la voix aux interventions toujours déterminantes. Désincarnée, tranquille, elle ajoute une épaisseur supplémentaire au soubassement déjà riche des morceaux. Car là est la grande affaire de ce nouvel album : son incroyable densité. Pour peu que l’on dépasse l’ossature principale, on se retrouve face à un labyrinthe infini dont on ne touchera jamais l’extrémité. Toujours passionnant, toujours élégant, depuis Parole De Navarre, le Quartet n’a que très peu changé et si les précédents dessinaient les contours de leur musique, tentant de la circonscrire alors qu’elle n’est après tout qu’errance et lignes de fuite, celui-ci lui offre de la substance et de la chair. Utilisant les armes du jazz pour sculpter son ambient, l’esprit de l’ambient pour déstructurer son jazz, l’amalgame ainsi échafaudé tient miraculeusement debout. Pour seul mortier, les drones inquiets. Les cuivres pour l’équilibre, les percussions pour l’assise et les nappes fantomatiques pour recouvrir le tout. Les voix pour la mystique. Onze pièces : quatorze menaces. Sans doute fâché avec les maths, le Quartet mais après tout, les morceaux débordent tellement, enfouissent leurs racines si profondément que le disque n’est que la partie émergée du grand œuvre : la moelle et la substance sont bien ailleurs et ne se voient pas, en-dessous, au-dessus et vous enveloppent sournoisement.

Floex - Gone EP

 
 
Sortie en catimini cet été, cette première contribution du Tchèque Floex à l'aventure Denovali est une affaire de passerelles. Surtout connu pour la bande originale du jeu vidéo Machinarium en 2009 dont les bricolages naviguaient déjà entre ambient d'outre-rêve, électronica percussive aux beats faits de bric et de broc et modern classical aux effluves jazzy, Tomáš Dvořák semble ainsi résumer et remodeler le temps d'un EP tout ce qui le fascine - et nous aussi par la même occasion - sur le label allemand. Des passerelles donc, à commencer par celle qui relie l'instrumentarium classique au sound design chez ce clarinettiste de formation féru d'installations multimédia. Ainsi, dès Saturnin Fire And The Restless Ocean, les idiophones sont loopés jusqu'à l'abstraction et les accords du piano glissent sur les nappes soyeuses d'une ambient nocturne dont les reflux d'éternité doivent autant à Field Rotation qu'au Bersarin Quartett. Plus loin, c'est sur une relecture de ce même titre par une autre figure de l'écurie de Hambourg, le Hidden Orchestra, que la clarinette émerge enfin sur un lit de drums syncopés, brouillant une fois de plus les pistes entre électronique et organique, tandis que Time To Go emprunte le chemin d'un néo-classique finement texturé à la manière d'autres artistes du label tels que Piano Interrupted cité plus bas. Enfin, dernière passerelle et non des moindres, celle qui permet d'offrir l'exposition d'une structure montante à des compatriotes animés d'un talent certain, qu'il s'agisse de Never Sol dont les vocalises sur papier glacé le temps d'un morceau-titre au downtempo foisonnant n'auraient pas dépareillé sur les plus belles méditations rythmiques des premiers opus de Röyksopp, ou de Dikolson dont le remix de Veronika's Dream transforme l'électro-jazz cinématographique de l'original, extrait de Zorya, en purgatoire impressionniste hanté par des chœurs de succubes qu'on jurerait tout droit sortis - passerelle encore - d'un disque du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble.



Piano Interrupted - The Unified Field


Piano Interrupted, réunion du compositeur et pianiste anglais Tom Hodge et du producteur français Franz Kirmann, donne à entendre une musique qui n’est ni contemporaine, ni jazz, ni électronique, ni acoustique mais qui est bien tout cela à la fois sans être le moins du monde rien de tout ça. Piano Interrupted pratique du Piano Interrupted, vise l’insaisissable, le flou et souvent, vise juste. Une première écoute distraite ne convoque que des adjectifs légèrement péjoratifs - mou et invertébré, ce genre – quand toutes les autres frisent le dithyrambe : c’est souvent beau, toujours intrigant et très maîtrisé. De ses instruments majestueux pourtant drapés d’une multitude de micro-accidents jusqu’au synthétique qui revêt des atours organiques, on ne sait jamais trop ce que l’on écoute ni où le duo veut en venir alors qu’il devient vite indéniable que lui sait où il va. On n’écrit pas des morceaux de la trempe d’Emoticon par hasard. Déboussolé, on se rend bien vite compte que le disque accapare et que l’on aime y revenir souvent pour s’y perdre complètement. Deuxième album de la formation, The Unified Field confirme leur Two By Four inaugural et semble explorer les bienfaits du silence et de l’espace bien plus qu’auparavant. Il faut dire que l’on pourrait taxer celui-ci de véritable premier album quand le précédent compilait nombre d’EP, c’est sans doute en tout cas celui où le duo consolide son esthétique et se définit lui-même. Une gestation, une exploration pour aboutir à une assise véritable. Oui, indubitablement, les champs sont aujourd’hui unifiés au sein de cette entité bicéphale. En injectant force accidents dans un tapis organique dense et élégant, Piano Interrupted illustre parfaitement son patronyme. Difficile de savoir ce que l’on aime le plus : la majesté de l’ensemble, les glitchs sournois ? Quoi qu’il en soit, l’un n’étant absolument rien sans l’autre, la singularité du duo vient de là. En balançant des ronds-points et des bifurcations dans une forêt de lignes droites.

Thisquietarmy - Hex Mountains


Pour celles et ceux qui se demandent ce que signifie ce mot que l’on vous refourgue à longueur de chroniques depuis les débuts de ce blog, l'on tient là une définition imparable : le drone, c’est Thisquietarmy. Pour celles et ceux qui se demandent quel plaisir l’on peut tirer de l’écoute d’un amas de bourdonnements indéterminés, l'on tient là une réponse on ne peut plus cinglante : on aime le drone parce qu’on aime Thisquietarmy. Pour celles et ceux qui se demandent quel album privilégier parmi la jungle foisonnante que déversent inlassablement les doigts et le cerveau d’Eric Quach depuis 2005, l’on tient là LA porte d’entrée : Hex Mountains. Attention, non pas qu’il soit supérieur aux autres mais sans doute synthétise-t-il à lui tout seul tout ce que l’on a aimé, ce que l’on aime et ce que l’on aimera encore dans ce projet solitaire : l’évidence mélodique, l’immersion, le bourdonnement presque mystique, la majesté et l’abandon. Dès les neuf minutes de From Darkness, on sait qu’il sera inutile de lutter et qu’encore une fois on tombera dans les méandres sonores d’Eric Quach. À peine le dernier souffle de Spirits Of Oblivion résonne-t-il que l’on se précipite immédiatement pour remettre Hex Mountains au début, poussant le volume à fond pour faire vibrer les fenêtres, le quartier, la ville entière et l’univers avec nous dedans. Une épopée intérieure, un trek himalayen, une élégie au temps présent et à l’espace qui nous entoure, une odyssée aux déferlantes bourdonnantes particulièrement prenantes qui exsude de l’anxiété, de l’apaisement, des nappes solaires, un tapis rythmique écorché où l’on aime se prendre les pieds. Rien de nouveau là-dedans mais on s’en fout, Thisquietarmy est loin d’avoir tout dit et on est donc loin d’en avoir fait le tour et en s’entourant d’un groupe (dont quelques Monarch, cela s’entend), il délimite parfaitement le petit carré de terre qu’il laboure depuis longtemps et semble faire corps avec lui : plus heavy, plus mystique, plus beau encore. Magnifique !

Chroniques 1, 3 et 4 par leoluce, chronique 2 par Rabbit.

dimanche 20 octobre 2013

2013 au tamis : Architrav - Marode


Date de sortie : 12 janvier 2013 | Label : Halbsicht Tonträger

Le temps, pire ennemi du chroniqueur qui oblige à laisser dans l'ombre des dizaines de grands disques dont l'aura continue pourtant d'irriguer nos synapses à l'approche des bilans. Dans un format plus concis que celui des chroniques habituelles du blog, cette série de rattrapages reviendra ainsi régulièrement sur ces laissés-pour-compte qu'un certain recul nous permet désormais de commenter sereinement.
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On démarre donc avec un disque daté du tout début de ce cru 2013 et qui incarne justement les effets insidieux du temps et son pouvoir de corrosion. Impossible pourtant de trouver la moindre chronique de Marode, troisième opus - et second sur son label Halbsicht - du projet dark ambient de Michael Belletz, plus connu pour ses incursions électroniques en tant que Mnemonic. De cet aspect du travail de l'Allemand, on se souvient surtout de l'élégant Hörsinn dont les beats crunchy et les mélodies de claviers éthérées traînaient en 2010 leur spleen clair-obscur aux confins de l'hypnose et du rêve éveillé, davantage en tout cas que du récent The Air I Breathe qui vit il y a quelques mois ce bel équilibre basculer dans un trop-plein de romantisme et des schémas rythmiques un peu bateaux.

Des maux qui ne risquent pas de guetter Architrav sur ce Marode cryptique à souhait dont les trois pistes-fleuves oscillent entre drone rampant et modern classical déliquescent, autant dire à l'autre bout du spectre de l'IDM aérienne de Mnemonic. Et des spectres, on en croise plus d'un entre les tâtonnements atonals du piano et les crins affligés d'un violoncelle aux partitions cornées et jaunies par le temps, les drones sépulcraux et autres grincements de bois mort ou fields recordings en putréfaction. Car dès le morceau-titre, les conditions sont réunies pour que se déversent des crevasses de cette vieille bâtisse les émanations diffuses de quelque purgatoire à ciel ouvert, ectoplasmes lancinants dont les exhalaisons vocales et le halo radiant nous attirent peu à peu dans cet improbable passage vers l'au-delà.

Rabbit

dimanche 29 septembre 2013

Kajkyt - II


Date de sortie : 1er octobre 2013 | Label : God Records

Des vocalises dans les profondeurs du spectre pour commencer. Un souffle, presque. Puis la distorsion d'une guitare massive qui n'est pas sans rappeler les textures d'un certain JK Flesh. Ensuite, viennent les percussions. Tendues, minimalistes, une boîte à rythmes rigide et sans imagination, encore plus simple que primitive. Enfin, la voix. Elle susurre, elle psalmodie, ne s'énerve pas, ne crie jamais. Elle est là, c'est tout. Tout cela contenu dans huit morceaux aux velléités contradictoires : de la rage mais de l'apaisement, du simple contre du complexe, guitares versus électronique. Mais surtout du noir et du noir. Qu'il recouvre la galette de plastique du recto au verso ou la boîte en carton approximativement agrafée qui la contient, qu'il se niche dans les morceaux ou dans les vidéos, il est partout. Et s'étend depuis l'oreille jusqu'à l'intérieur de la boîte crânienne jusqu'à envahir le corps entier. La journée était belle, elle est maintenant désespérée. Et sans nuances. Ce qui n'est pas le cas de la musique de Kajkyt qui se balade, tranquille, de la noise au dark ambient, du metal aux chants byzantins. Une musique qui craint la lumière et se confond avec l'ombre qu'elle renferme. Pour résumer : ça ne rigole pas et ça ne rigolera probablement jamais. 


Kajkyt, alias de Slobodan Kajkut. Né en 1983 à Banja Luka en Bosnie-Herzégovine, compositeur formé par la vénérable Kunstuniversität Graz en Autriche, ayant d'abord officié dans nombre de groupes plus qu'underground, membre actuel The Striggles et d'Automassage qui le sont à peine moins, il suit une voie solitaire et déterminée depuis 2008. II n'est évidemment pas son coup d'essai et fait suite à un nombre important d'albums, CD-R, compilations sortis en catimini, en solo ou accompagné. De quoi comprendre ce qu'il fait, d'où il vient et d'où proviennent sa maîtrise et son aplomb. II est surtout le deuxième long format issu de l'entité Kajkyt après un Krst déjà intrigant sorti en 2010. On y trouvait alors tout ce qu'il développe aujourd'hui mais sur deux fois moins de titres, deux fois plus longs. Déjà le goût pour les numéros, mais une voix beaucoup plus rare qu'elle ne l'est maintenant. La voix, voilà la grande affaire de II. Et peut-être aussi ces rythmes pelés et minimalistes qui confèrent aux morceaux une aura tout à la fois ample et rabougrie. Sur III, on pourrait presque croire en fermant les yeux à un Massive Attack lo-fi sans la moindre once de chaleur, un truc roide et janséniste, presque désincarné, qui montre qu'avec deux bouts de ficelle et beaucoup d'idées, on peut susciter une émotion, fût-elle parfaitement mystérieuse et inconfortable.

Tout est froid et sombre dans cet album et l'on ne trouvera aucun rai de lumière pour rehausser le tout. Dans ces conditions, les morceaux se dessinent par différence de matité. Qu'elle soit en surbrillance ou en filigrane, la couleur noire largement convoquée se fait abyssale : du très expérimental et déstructuré IV au plus dub VI, des rivages massifs de I au requiem pelé de VIII, il n'y a bien que la voix qui empêche de se prendre les murs en pleine poire. Un fil d'Ariane que l'on suit sans savoir du tout où il mène ni par où il nous fait passer. On s'y raccroche mais on ne comprend absolument rien aux mots - s'il s'agit bien de mots - qu'elle nous déverse dans l'oreille. Entre plainte et complainte, la rage larvée contenue dans une tessiture grave qui inquiète avant tout, elle est tout à la fois très expressive et désincarnée. Encore un beau paradoxe pour un disque qui n'en manque pas. Dès lors, on comprend pourquoi II sort sur God Records. Il y a là-dedans une certaine mystique, sans doute en négatif, quelque chose qui relève de l'incantation, de l'impalpable et qui bien souvent se déploie dans des territoires qui nous dépassent et auxquels on ne comprend pas grand chose. Pas sûr que l'on ait envie d'y croire mais une chose est sûre : c'est très beau et le pouvoir de persuasion de cette musique est grand. La batterie synthétique aura beau balancer des poum et des tchak en plastique et sans vie dans une répétition devenant très vite aliénante, les nappes auront beau s'élever dans le même périmètre du cercle chromatique, coincé entre l'ombre et la pénombre, la voix aura beau se complaire dans le lugubre et l'inquiétant, rien n'empêchera II de se faire très vite une place dans votre tête.

Mystérieuse et addictive, la musique de Kajkyt entre directement dans la cour des grands. Sans faire de vagues, tout doucement mais crânement. Inutile de lutter, vous y croyez déjà...



leoluce

lundi 2 septembre 2013

Dans les coulisses du prochain album de Tapage - Part 4


Même si 8, le futur album de Tapage, s'annonce particulièrement riche en arrangements acoustiques, il ne faut pas oublier que Tijs Ham est un féru de code et de programmation. Ce nouveau chapitre de son carnet de bord nous le rappelle, puisque l'artiste hollandais s'attarde sur un morceau composé à partir d'un langage de programmation, morceau dont il propose le code, à manipuler à sa guise. Encore en élaboration, le titre prend pour l'instant une forme d'ambient frémissant, construit sur des fréquences plus ou moins sourdes et dont les différentes tonalités s'allument tour à tour, comme la flamme d'une bougie.

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Tapage - 8 : Following the process of writing an album, part 4.

Hey all !

The past few studio updates have been mostly focussing on the recording of source sounds such as the field recordings and cello... But there's another aspect that I'd like to share...

*Warning, things are about to get a bit nerdy from here on...

Code !
Yes !
From acoustic resonances straight towards the digital world of synthesis and coding. In the past couple of years I have been learning how to write my own programs for generating and manipulating sounds in a programming language called SuperCollider. Once you get the hang of it (and acquire a fair amount of knowledge on digital signal processing and such), it provides a lot of freedom to generate new sonic layers. For the last track on my album I wanted to create a dense ambient piece made out of sawtooth oscillators. It ended up sounding something like this :


This is still very much under construction and dependent on randomness. But in due time it should sound just the way I want it to. So here is the code I've typed so far. To mess around with it yourself you'll need to go to : http://supercollider.sourceforge.net

... and download the latest version (all free and open source). Then copy the code, select it all and execute by pressing shift-enter !

/*
Server.default.makeGui;
s.meter;
*/
Server.default.options.memSize = 512000;

s.waitForBoot{
{
~freqArray = [60, 65, 64, 67, 69, 72].midicps;
~buffer = Buffer.alloc(s, s.sampleRate, 2);
///
s.sync;
/// SynthDefs
SynthDef(\saw, {|freq, amp, cuts, cute, rq, det, len, pans, pane, outBus=80 |
var out, env;
env = EnvGen.ar(Env.sine(len, amp), doneAction:2);
out = BLowPass.ar(Saw.ar(SinOsc.ar(det, 0, 1, freq)), Line.kr(cuts, cute, len), rq);
Out.ar(outBus, Pan2.ar(out, Line.kr(pans, pane, len), env));
}).add;
///
SynthDef(\rec, {|inBus=80, buf|
var in;
in = InFeedback.ar(inBus, 2);
RecordBuf.ar(in, buf, 0, 1, 0, 1, 0, 1, 2);
}).add;
///
SynthDef(\play, {|outBus=90, buf, poi, rate, ws, len, amp, freq|
var env, out;
env = EnvGen.ar(Env.perc(0.01, len*0.1, amp, -8), doneAction:2);
out = Warp1.ar(2, buf, poi, rate, ws, -1, 2);
out = Ringz.ar(out, freq, poi);
Out.ar(outBus, out*env);
}).add;
///
SynthDef(\mix, {|inBus1=80, inBus2=90, outBus=0|
var in1, in2, out;
in1 = InFeedback.ar(inBus1, 2)*0.4;
in2 = CombL.ar(InFeedback.ar(inBus2, 2), 0.2, 0.2, 18);
out = LeakDC.ar(GVerb.ar(in1 + in2)).tanh;
Out.ar(outBus, out);
}).add;
///
s.sync;
/// Synth
Synth(\mix);
///
s.sync;
/// Pbind
Pbind( \instrument, Pseq([\rec, \saw, \play, \saw], inf),
\dur, Pwrand([0.5, 0.8, 1.2]*2, [1,3,2].normalizeSum, inf),
\len, Pwhite(15, 30),
\freq, Prand(~freqArray, inf)*Pwrand([0.25, 0.5, 1, 2, 4, 8], [5, 0.5, 0.1, 0.5, 2, 0.25].normalizeSum, inf),
\amp, Pwhite(0.01, 0.05),
\cuts, Pwhite(40, 200),
\cute, Pwhite(200, 1800),
\rq, Pwhite(0.1, 0.9),
\det, Pwhite(0.1, 1),
\pans, Pwhite(-1,1),
\buf, ~buffer,
\poi, Pwhite(0, 0.3),
\rate, Pwrand([1, 2, 4, 8, 16], [3,2,1,3,2].normalizeSum, inf),
\ws, Pwhite(0.1, 0.3),
\pane, Pwhite(-1,1)).play;
}.fork;
}

OK, that's enough code for today ! Enjoy and see you next time !

Tapage
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Traduction

Salut à tous !

Les derniers compte-rendus de studio se sont essentiellement focalisés sur l'enregistrement des sons de sources telles que les field recordings et le violoncelle... Mais il y a un autre aspect que j'aimerais partager avec vous...

* Attention, les choses sont sur ​​le point de devenir un peu intello à partir d'ici...

Le code !
Eh oui !

Des résonances acoustiques droit vers le monde numérique de la synthèse et du codage. Au cours des deux dernières années, j'ai appris à écrire mes propres programmes pour générer et manipuler des sons dans un langage de programmation appelé SuperCollider. Une fois que vous avez pris le coup (et acquis une quantité raisonnable de connaissances sur le traitement du signal numérique et autres), ça offre une grande liberté pour générer de nouvelles nappes sonores. Pour le dernier titre de mon album, je voulais créer un morceau ambient dense à partir d'oscillateurs en dents de scie. Ça a fini par sonner comme ça :


C'est encore en construction et dépendant du hasard. Mais en temps voulu, le morceau devrait sonner juste de la façon dont je le souhaite. Donc, voici le code que j'ai tapé jusqu'ici. Pour vous amuser à le bidouiller vous-mêmes il faudra vous rendre à l'adresse : http://supercollider.sourceforge.net

... et télécharger la dernière version (entièrement gratuite et open source). Ensuite, copiez le code, sélectionnez-le en entier et exécutez en appuyant sur Maj + Entrée !

OK, assez de code pour aujourd'hui ! Amusez-vous bien et à la prochaine fois !

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Quelques liens