mardi 22 juillet 2014

Deep & Dark Download of the Day : Oliver Barrett - Yhiuals


Faute de pouvoir vos faire écouter en entier le premier LP du projet Glottalstop, nouvelle incarnation claustrophobe et hantée de l'Anglais que les fidèles de l'écurie Denovali connaissent très certainement sous l'identité de Petrels, rabattons-nous sur cette quatrième installation de la série d'EP Yowls, dont l'orthographe du titre change à chaque sortie tandis que sa prononciation reste plus ou moins identique. Il en va de même pour les sonorités utilisées par Oliver Barrett, délaissant les drones et autres arpeggiators vintage au profit d'un violoncelle omniprésent mais dont l'emploi revêt bien des variantes.

Tantôt crescendo de crissements lancinants dont la fréquence s'amplifie jusqu'à la schizophrénie (Cathedral Mound), grincements dissonants et déstructurés dignes des boiseries d'un manoir hanté (Rattenkönig), grouillements agrémentés de percussions tout aussi chaotiques (Every Landlord Is A Parasite) ou folklore névrosé pour violoneux parkinsonien (Cyclists Who Ding Shall Be Thrown Into The Canal), Yhiuals tout comme chacun des volets précédents contient son lot d'expérimentations dans le maniement de l'archet et des cordes frottées, explorant les possibilités sans fin d'un instrument propice plus qu'aucun autre à l'expression des névroses et des pulsions du subconscient.

Pour la première fois néanmoins, le Londonien explose le format de prédilection de ces essais acoustiques pour transformer ce Yhiuals en un album à part entière grâce aux 22 minutes du final Apiary, à rapprocher d'abord des musiques aborigènes pour la dimension hypnotique de ses micro-stridences en flux tendu avant que la pièce ne passe sans prévenir de l'autre côté du miroir, plongeant dans le néant pour en ressortir sous la forme d'un négatif aux saturations dronesques assourdies, puis finalement glisser vers la musique classique contemporaine et l'atonalité insidieuse d'un Ligeti. Enfin, aux deux-tiers du morceau et au terme d'un nouveau fondu au noir, c'est Penderecki qui s'invite à coups de discordances anxiogènes toujours émises par le même instrument supplicié dont les échos semblent se réverbérer sur les parois d'une cellule capitonnée.


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